La maternité pénalise les étudiantes

Elle s’appele Cécile. Elle est étudiante et combat vigoureusement une loi tout à fait discriminante, que des étudiantes en médecine subissent et qui se trouvent s’élèvent contre le déclassement aux ECN (épreuves classantes nationales) que subissent les femmes enceintes en cas d’absence pendant les stages d’internat.

Cette jeune interne milite activement pour la modification d’une loi jugée discriminante à l’encontre des étudiantes qui, comme elle, tombent enceintes pendant leurs années de formation initiale. Dans sa requête auprès du Défenseur des droits de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, Cécile réclame un assouplissement de la loi qui permette aux femmes enceintes ou à des internes qui ont été en congés maladie de conserver leur rang de classement à l’internat.

Depuis sa proposition fait des émules et son initiative a finalement été reprise par une plus de cinquante internes qui, soutenues dans leur démarche par le Syndicat des médecins libéraux et son pôle Femme, médecin libéral (FML), ont également déposé un recours auprès du Défenseur des droits.

Car pour ces jeunes étudiantes, désormais très majoritaires dans les amphithéâtres de médecine, le véritable enjeu repose sur la modification du Code de la santé publique relatif à la validation du stage d’internat.

Lorsque, au cours d’un semestre, un interne interrompt ses fonctions pendant plus de deux mois ou s’absente pendant plus de deux mois dans des conditions qui lui font encourir les sanctions disciplinaires prévues, le stage n’est pas validé, dit la loi.

Seul petit problème : l’invalidation d’un semestre pour absence due à la maladie ou à la grossesse ne permet pas de conserver une place souvent chèrement acquise aux épreuves classantes nationales (ECN).

L’injustice est double puisque d’une part, l’interne est déclassée au sein de sa promotion et d’autre part elle s’expose directement aux stages imposés et donc aux non-choix de stages, qui peuvent l’entraîner aux confins de sa région hospitalière.

Pour donner un exemple, une interne de près de 26 ans du CHU de Lyon, classée 18ème aux ECN, a bénéficié du congé maternité légal de 4 mois de juillet à novembre dernier. Lors de son prochain stage en mai, elle se retrouve classée 151ème sans aucune autre forme de justification.

Céline a accouché en décembre 2010, durant son premier semestre d’internat : Elle a travaillé jusqu’à 10 jours avant son accouchement et a repris le travail alors que sa fille avait 1 mois et trois semaines, tout ça pour valider et ne pas être déclassée ! Elle a été contrainte de sevrer son enfant prématurément, c’était très dur pour elle.

Récemment la jeune maman a été reçue au ministère de la Santé, dans le cadre d’une rencontre commune avec le Défenseur des droits et l’Observatoire de la parité. Elle ne se bat plus pour elle, mais vraiment pour les autres. Il faudrait qu’on arrive à débloquer cette situation inadmissible maintenant, avant la fin du mandat présidentiel. Le dossier est examiné au ministère de la Santé mais risque de traîner, mais en ce moment, le gouvernement est plus focalisé sur les économies

Au service juridique du Défenseur des droits, on ne se mouille pas trop : « On ne peut pas encore confirmer qu’il s’agit bien de discrimination, reconnaît une juriste. Mais nous sommes entrés dans une phase de dialogue, et nous espérons organiser prochainement une table ronde officielle sur le sujet ».

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