Europe : remise en question de la vidéosurveillance

Rédigé au nom de la commission des finances sur les investissements dans la police et la gendarmerie, le rapport d’information du 22 octobre 2013 de Jean-Vincent Placé, sénateur Europe Écologie Les Verts (EELV) revient sur le réel besoin des systèmes de vidéosurveillance et leur coût excessif.

Le cas de la France

À compter de 2007, l’État français a déboursé quelque 133,6 millions d’euros pour équiper en caméras de surveillance toutes les villes françaises. Et Paris sort du lot avec son plan de vidéoprotection installé en 2011 qui a permis la mise en place de 1105 nouvelles caméras d’une valeur de 200 millions d’euros.

Vu que le système n’est pas très probant en termes d’efficacité, le Sénateur a voulu mettre en place un moratoire concernant les investissements dédiés à la vidéosurveillance, un délai qui permettra de mettre en place une étude scientifique indépendante qui va vérifier les véritables rôles de la vidéosurveillance dans la lutte contre l’insécurité : lutte antidélinquance, taux d’élucidation des crimes (indicateurs de performance), sentiments de sécurité, etc.

Une remise en question essentielle parce que les caméras ne semblent pas agir sur les criminels et l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) rapporte en 2013 une hausse de 12 % du taux de cambriolages sur les zones contrôlées par la gendarmerie et 8,8 % dans les localités prises en charge par la police. Et dans son rapport de 2012, la CNIL rappelle que le territoire français compte au moins 935 000 caméras de surveillance avec 70 003 installées dans les voies publiques.

Grande-Bretagne, le pays de référence en termes de vidéosurveillance

Avec une superficie de 242 821 km², la Grande-Bretagne dispose de quelque 5,9 millions de caméras de vidéosurveillance. Uniquement dans la ville de Londres, 500 000 caméras assurent la sécurité des habitants suivant les données de l’association britannique de l’industrie et de la sécurité. Tous ces chiffres font de la Grande-Bretagne le pays le plus surveillé du monde entier avec les premières installations qui datent de 1990, depuis l’attaque de l’IRA.

Pour améliorer la lutte antiterroriste, les autorités anglaises optent donc pour la vidéosurveillance et les caméras de nouvelle génération permettent d’identifier les passants et de s’adresser directement à eux. D’après le rapport du collectif Big Brother Watch, la Grande-Bretagne a investi plus de 300 millions d’euros dans la vidéosurveillance entre 2007 et 2010. Plus d’informations sur http://www.lepetitjournal.com/londres/pratique/181236-la-videosureillance-londres-en-tete-de-file

Des drones en Italie

Même si elle a été plus longue à réagir, l’Italie dispose également d’un système de vidéosurveillance dans une centaine de villes. Pour Milan, la sécurité des habitants est assurée par un drone avec caméra tandis que la ville de Solopaca a investi 576 mille euros en système de vidéosurveillance.